La question de la révision des Constitutions de leurs pays par les

chefs d’Etat africains, aux fins de leur maintien à volonté au

pouvoir, reste d’actualité, et se pose avec la même acuité,

aujourd’hui comme hier, si l’on jette un regard rapide sur le nombre

de ceux d’entre eux qui sont soupçonnés de nourrir cette intention, ou

d’afficher ouvertement des velléités dans ce sens. Ils sont légion, en

effet, les présidents africains désireux de s’accrocher au pouvoir par

l’entremise d’une révision constitutionnelle, contre la volonté de

leurs peuples et nonobstant la limitation, clairement stipulée par des

articles de leurs lois fondamentales, du nombre de mandats auquel ils

ont droit. On peut citer, à travers le continent, bon nombre de cas,

sans évoquer ceux des dictateurs impénitents qui règnent sans partage

et subjuguent leurs peuples à leurs caprices sans penser, le moins du

monde, à une éventuelle alternance au sommet de l’Etat. Pour ce qui

concerne le Bénin, la question d’une révision de la Constitution du 11

décembre 1990 a agité et continue d’agiter le pays en dépit des

promesses, plus d’une fois réitérées, du président Boni Yayi de rendre

le pouvoir en 2016, à l’issue de l’élection présidentielle qui

consacrera sa succession. Seulement, faut-il croire, sur une simple

déclaration (verbale), un chef d’Etat africain à propos de la révision

de la Constitution de son pays lorsqu’on sait que, déjà, le respect

des textes écrits est pour nos dirigeants une épreuve difficile à

passer ? C’est là, toute la question. Et pour être honnête, ce serait

bien naïf de prêter une oreille attentive au discours de Boni Yayi

relatif à la révision de la Constitution de son pays, même s’il n’a eu

de cesse d’expliquer qu’il tient à modifier ladite Constitution juste

pour garantir, après son départ du pouvoir, l’application de certaines

lois telle que l’imprescriptibilité des crimes économiques. Il a beau

marteler en face du Pape, ou déclarer devant le président français

qu’il s’engage à ne pas s’engager sur la voie tortueuse et glissante

de la révision opportuniste de la Constitution, le président béninois

ne réussira pas à convaincre ses compatriotes. Car ceux-ci ne le

croiront guère. La seule certitude des Béninois, quels que soient les

cas de figure qui se présenteront, est que le 6 avril 2016 Boni Yayi

ne sera plus leur président. Le peuple béninois est aujourd’hui plus

que fier et jaloux de l’expérience démocratique qu’il fait depuis un

quart de siècle. Par conséquent, même si le président Boni Yayi

s’arcboutait et s’obstinait à ne pas partir en 2016, il n’aura de

choix que celui d’abandonner son projet, car la seule et unique option

qui s’offre à lui est celle de la porte de sortie. Et il importe pour

lui de faire l’option d’une porte de sortie honorable et digne d’un

démocrate. C’est sans doute ce qu’il a compris, et c’est tant mieux !

Sébastien DOSSA

 

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