(Par Roger Gbégnonvi)

 

            Si les cardinaux du gouvernement de l’Eglise ont vu rouge deux jours avant noël, ce ne fut pas le rouge de leur apparat, mais bel et bien celui des mots que le patron leur adressa : ‘‘Une curie qui ne s’autocritique pas, qui ne s’améliore pas, est un corps infirme’’. Et le pape d’y aller de quelques formules assassines, dont il a dû mesurer la portée mortelle dans sa petite chambre : ‘‘Alzheimer spirituel’’, ‘‘schizophrénie existentielle’’, ‘‘terrorisme verbal’’, etc. Ce corps d’élites, dont la moyenne d’âge oscille entre 65 et 70 ans, s’attendait certainement à tout, en matière de vœux de noël, sauf à s’entendre traiter de corps infirme par le premier de cordée. C’est que le premier de cordée tient à tirer son épingle du jeu. Les catholiques, intéressés par la vie de leur Eglise, ne savent toujours pas dans quelles conditions le bon pape Jean-Paul 1er a été retrouvé mort après seulement 33 jours de pontificat, comme ils ne savent toujours pas les raisons profondes qui ont poussé à la démission le bon pape Benoît XVI après huit ans de pontificat. Qui, juste avant cette démission, a permis la diffusion dans la presse de documents ultrasecrets sortis du bureau du pape ? Y a-t-il encore quelques prêtres et prélats sans une perle de scandales sexuels sur la soutane ? Le cardinal Jorge Mario Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, a dû obéir à Jean-Paul II et combattre la théologie de la libération prônée par nombre de ses prêtres. Mais il avait une idée précise des maux dont l’appareil clérical doit se soigner. C’est pourquoi, devenu pape, il se fait appeler François, sans tralala, refuse d’intégrer les fameux appartements pontificaux, et tient à distance le palais des papes à Caste Gandolfo. Le pape dans un palais royal ou dans une suite présidentielle ? François n’y comprend rien et a décidé de cesser d’être ‘‘le bon pape’’ pour être, sinon méchant, tout au moins dérangeant.

            Ce fils d’immigrés a-t-il mis de l’eau dans son vin la nuit de noël,tout juste après avoir accusé de ‘‘carriérisme’’ (sic)les membres de son gouvernement ? On pourrait le croire en l’entendant placer son homéliesous le signe de la tendresse et des douleurs. Mais à mieux écouter, on s’aperçoit que tendresse et douleurs (compassion ?) ne sont pas de vrais lieux théologiques, qu’ils s’entendent mieux entre gens qui s’aiment, d’amour simplement humain. A creuser davantage encore, on s’aperçoit que, tout en parlant de l’actualité des chrétiens persécutés, cet Argentin, dont on dit qu’il est ‘‘malin’’ (sic), continuait de saisir à leur col romain les prélats de tous ordres, les cardinaux en tête. Ce sont eux qui, au dernier synode de l’Eglise, ont combattu farouchement son projet d’admettre dans la communauté ecclésiale les divorcés et les homosexuels. Ces ‘‘carriéristes’’ sont attachés à la pérennité des textes millénaires de la ‘‘saine doctrine’’ et non au bonheur des femmes et des hommes, vis à vis de qui ils sont cruels, incapables de tendresse et de douleurs. Car on ne saurait condamner quelqu’un, homme ou femme, dont le mariage n’a pas été un succès. Car on ne saurait condamner quelqu’un, homme ou femme, dont la vie sexuelle ne relève d’aucun viol ni d’aucune violence. Mais sous la coupe de son clergé officiellement célibataire, l’Eglise a cessé d’être mère pour n’être plus que marâtre, arrogante, prompte à punir et à rejeter.

            On voudrait que les curés de nos paroisses en Afrique aient entendu François en appeler à la tendresse et à la compassion. Puissent-ils ne plus conduire leurs ouailles selon les normes obsolètes du concile de Trente. Puissent-ils ne plus faire croire à leurs ouailles au Bénin que le triste livret de catholicité, où l’on entasse sacrements et deniers du culte, est un passeport pour le paradis. Pour que l’Eglise catholique redevienne partout l’Eglise des hommes et des femmes en quête de Dieu, Beauté et Bonté, les catholiques, qui n’ont pas raccroché, doivent soutenir de tout cœur ce fils d’immigrés devenu pape François.

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